Jeudi 22 mai 2008
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11:50
Mesdames et
messieurs les parlementaires de Dordogne,
Le 27, 28 et 29 mai prochain sera discuté devant l’Assemblée Nationale le projet de loi de modernisation de l’économie (PLME), dont
l’objectif affiché est d’augmenter le pouvoir d’achat des français. Cet objectif est ambitieux et louable, mais ce sont les moyens mis en place pour y parvenir que nous ne pouvons
accepter.
Qui payera le prix de cette hypothétique baisse des produits agricoles ? La réponse est simple, puisque la loi instaure la libre
négociabilité des tarifs et des conditions de vente : ce seront tout simplement les agriculteurs, une fois de plus ! Quel poids avons nous face au pouvoir de la grande distribution, qui
a aujourd’hui toutes les raisons de se réjouir de ce projet de loi ? Ce sont les agriculteurs qui assurent l’acte de production, qui en assument les risques, qui sont touchés de plein fouet
par la hausse des charges : et pourtant aujourd’hui (et qui peux en douter ?), ce n’est pas nous qui fixons le prix de nos produits en fonction de leur coût de revient. Nous sommes
écrasés par plus grand que nous, et cette loi risque de nous porter un coup fatal.
Au nom de la reconnaissance de la qualité de nos produits, au nom du maintien d’une campagne vivante, et au nom des milliers de
personnes qui vivent directement et indirectement de l’agriculture périgourdine, nous vous demandons de soutenir nos revendications, à savoir :
§ Les Jeunes Agriculteurs de la Dordogne demandent que les produits agricoles soient sortis du
champ de la négociabilité des conditions générales de vente. Le statut particulier inscrit dans le PLME ne suffit absolument pas.
§ Nous demandons également la reconnaissance des interprofessions. La loi de modernisation de
l’économie est une occasion pour revoir l’organisation des petites et moyennes entreprises. Nos interprofessions doivent être reconnues sur le plan du droit français et européen, et l’on doit
donner les moyens aux PME et TPE de s’organiser. Il est indispensable de rétablir le rapport de force tout au long de la chaîne alimentaire.
§ De plus nous nous opposons à l’assouplissement des règles régissant l’urbanisme commercial.
La multiplication anarchique des grandes surfaces risque de conduire à des ententes entre distributeurs sans pour autant renforcer la concurrence.
§ Enfin, nous demandons que l’observatoire des prix et des marges soit géré par l’Etat, en lien
avec les producteurs et les consommateurs. Cet outil doit permettre de connaître la répartition des marges entre producteur, fournisseur et distributeur.
Nous vous demandons de bien vouloir nous faire parvenir vos positions et vos engagements sur ce projet de loi, mais surtout vos
propositions. Nous les rendrons publics par la suite.
Comptant sur votre mobilisation pour l’agriculture périgourdine et française, veuillez agréer , Mesdames et Messieurs les
parlementaires, l’expression de nos salutations des plus respectueuses.
Yannick FRANCES
Président des Jeunes Agriculteurs de Dordogne